Auteur: Aures
Date: 2018-05-26 16:44:40
Les hors-la-loi en Algérie … Part.V [1] : Abrégé biographique du hors-la-loi aurésien Grine Belgacem (suite) [2]
L'un des chapitres du livre de Jean pierre Marin, Au frogeron de Batna, décrit en détail les opérations militaires de la France Coloniale menant à la mort du hors-la-loi auresiens Grine Belgacem.
J'aimerais ajouter à cette partie quelques photos, de ce chahid, prises durant l'identification de son cadavre à l'hôpital d'Arris. Elles ont été numérisées à partir des livres d'Yves Courriere , les fils de la Toussaint, et accompagnées de la description et légende suivante:
" La guerre d'Algérie a commencé le 1er novembre 1954. Un mois plus tard, début décembre, à la lueur d'une lampe à pétrole, séance d'identification du chef rebelle Grine Belkacem qui vient d'être tué par les troupes françaises avec vingt-deux de ses hommes dans le Djebel Friss. Les principaux foyers du soulèvement se situent dans les Aurès-Nementchas (wilaya I) et en Kabylie (wilaya III). Le Nord-Constantinois (wilaya II) ne tarde pas à suivre. "
L'URL du ficher, Identification de Grine, est : mediafire(point)com/file/yny9is1om4y1l1v/
NOTES:
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[1] Les autres parties du thème sont :
I - Jean Morizot, « Les contraintes qui font les mécontentements et d'où naissent les hors-la-loi », in: L'Aurès ou le mythe de la montagne rebelle , 1991, Chapitre IX, pp. 159-173 & Annexes: pp. 259-27.
II - J. R. & Sous-préfet de Batna, « Le maquis des Aurès (juin 1952) », La Revue administrative, V. 346, 2005, pp .442-427
III - Jean Déjeux, « Le bandit d`honneur en Algérie : de la réalité et d’oralité à la fiction », Études et Documents Berbères, 4, 1988, pp.39-60.
- Id., « Bandit d’honneur (Kabylie, Aurès) », EB, 1991, V.9, pp. 1328-1331.
IV - Jean-Pierre Marin, « Abrégé biographique du hors-la-loi aurésien Grine Belgacem », in: Au forgeron de Batna, l'Harmattan, Paris, 2005, pp. 166-170 & 194-199, deux parties :
i- Les signes avant-coureurs de l'Insurrection. Les bandits de l'Aurès, pp.166-170.
ii - La fin de la première guerre d'Algérie. La mort de Grine Belkacem, pp.194-199.
[2] À des fins complémentaires, voici aussi la première partie rééditée de la bibliographie de Grine:
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L'étude d'aujourd'hui, sur les hors-la-loi en Algérie, nous transporte à la période qui chevauche le 1er novembre 1954 : c'est-à-dire au temps des maquis aurésiens de 1952 à 1954.
Elle met en relief l'un des héros le plus connu de son époque et par les journalistes français et par la population locale.
Les premiers avaient coutume de le nommer le « Chef au beau visage » [2]. .
Pour les seconds, Il était tout simplement Grine « zerg el-3ine » [3]. (Ce n'est pas uniquement une rime en " n", mais c'est aussi un fait, car il avait des yeux bleus).
Bref, vous avez deviné le nom de ce brave de nos montagnes!!!
C'est un document biographique consacré principalement au hors-la-loi, au bandit d'honneur, au bandit de doit commun Grine Belgacem. Toutefois, il renferme également plusieurs renseignements sur ses compagnons et frères d'armes et du maquis, à savoir Chebchoub, Berhaïl, Mâache et autres.
Le document est extrait du livre De J-P Marin : « Au forgeron de Batna ». On y trouve entre autres :
1) Sa date et lieu de naissance, son caractère et sa physionomie (taille, couleur des yeux, cheveux, cicatrices, etc.)
2) Ses exploits (délits selon les autorités coloniales) avant et après avoir rejoint le maquis.
3) Mise à prix de sa tête par deux fois. En passant, il s'agit de la " bounty " la plus élevée que l'Aurès ait connu depuis sa colonisation : plus de cent onze millions d'anciens francs français furent offerts en récompense pour sa capture, mort ou vif !!!
4) Les opinions et les analyses de l'auteur sur le mouvement des hors-la-loi en Aurès.
5) L'admiration de la population locale pour ses maquisards depuis les temps anciens jusqu'à la colonisation française (protection, encouragement, aide, chansons, etc.).
C'est dans cette partie de son travail que l'auteur a qualifié nos hors-la-loi aurésiens " d'infiniment plus dangereux que les personnages de nos légendes et contes, c'est-à-dire El-Ghoul, Tamza, Zara3bane, Azghough, Arahbani et autres"
Dans un sens, il a bien su ressortir ce lien, ce trait d'union, cette "hamzatu wasl", cette analogie entre nos traditions orales et la réalité.
Il est évident que ces personnages des contes suscitent des craintes inouïes chez les enfants et chez les simples d'esprits, mais qu'en est-il des hors-la-loi des maquis aurésiens?
D'une part, ils ont été un vrai cauchemar pour les capitaines et les généraux de la France coloniale : non seulement ils leur faisaient de "l'ombre médiatique" tout en projetant de la lumière sur leur incompétence, mais ils nuisaient aussi à leur réputation de militaire en mettant leur poste en jeu.
En effet, les journalistes de l'époque n'en parlaient que des ÉCHECS des militaires français, et que des EXPLOITS des hors-la-loi, ou plus précisément ceux du "Chef au beau visage" et ceux de sa bande : à chaque sortie de nos maquisards pour l'élimination d'un collabo ou pour autre opération quelconque, c'étaient "les actes" de Grine qui faisaient les manchettes; par ricochet c'étaient aussi " le fiasco, l'incompétence, le désarroi et la déception" des colonels de la France coloniale qui retentissaient !!!
Ces derniers étaient tellement désespérés au point d'avoir mobilisé plus de 5000 (CINQ MILLES) soldats pour y mettre fin aux activités d'une TRENTAINE de personnes seulement.
D'autre part, les hors-la-loi étaient aussi des justiciers terrorisant et créant une frayeur épouvantable, monstrueuse, "rahbani-enne", "zara3ban-ienne", "ghoul-ienne", "tamza-ienne" et "bazghough-ienne" chez les collaborateurs et les goumis : les faibles d'esprits qui se sont laissés berner facilement par les appâts de la France coloniale .
D'ailleurs plusieurs de ces traîtres, ou plus précisément de ces " brebis galeuses" furent les premières à ce faire "ÉGORGER", à éliminer et à s'en débarrasser par de nos hors-la-loi de l'époque.
En outre, durant la guerre 54-62, quelques "kata'ib" (détachements de moudjahiddines assignés à une région particulière) avaient leur propre El-Ghoul : un surnom réservé uniquement à une personne de l'équipe dont la tâche consiste à égorger " des roumis et des goumis".
À ce sujet, ceux qui ne sont pas tombés au champ d'honneur comme "chahid", martyre, portèrent fièrement ce surnom même après l'indépendance et durant toute leur vie et au-delà ......à signaler que quelques-uns sont encore vivants!!!
Par l'au-delà, je fais allusion à leurs enfants qui portent des noms combinés à celui de El-Ghoul aussi. Exemples: Bouha ou Lghoul, Ali Ou lghoul, etc... au lieu de l'appellation régulière ( prénom de l'enfant + ou +celui du père ou le nom de famille).
Il est clair que cette appellation n'est guère arbitraire, elle est inspirée de nos contes et associée à un égorgeur. Par conséquent, c'est un choix objectif dont le but principal est d'instiller la terreur dans les esprits et dans les cœurs des membres de "Hizb Fransa : traîtres, collabos, goumis, etc." : une terreur semblable à celle que provoquent les ogres de nos contes chez les enfants.
6) Une description détaillée de l'opération du général Gilles et du colonel Ducournau pour mettre fin aux activités de Grine et de ses frères des maquis aurésiens (3 colonnes, 5000 soldats, bataillon de marche, bataillon-tirailleur, chars, bérets bleus, parachutistes, etc.)
7) Enfin, quelques paragraphes sur la mort de Grine, le 29 novembre 1954, ainsi que sur l'identification de son cadavre par les membres de sa famille à l'hôpital d'Arris [4].
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