Auteur: Aures
Date: 2015-10-29 19:04:32
Étymologie du nom Imedghasen
C'est une rubrique, de Salem Chaker, tirée de l’ENCYCLOPÉDIE BERBÈRE : une rubrique d'un chercheur en linguistique berbère, de formation et de profession, ayant à son actif des centaines de publications sous forme de livres, travaux de recherches et articles dans des périodiques spécialisés et universitaires.
De plus, j'ai inclus à la note n° 2 quelques remarques et références relatives à l'étymologie du même vocable, Imedghasen, notamment celles d'Émile LAOUST.
Bonne lecture.
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M83b. MEDRACEN : Note linguistique complémentaire (in: Encyclopédie berbère, t.31, 1910, pp.4852-4853)
Comme l’envisage G. Camps, les formes berbères /madɣis, medɣasen/ sont effectivement à relier l’anthroponyme Madghis (= /Madɣis, Madɣes/) et le monument peut effectivement tirer son nom de celui d’un personnage qui portait ce nom (1) et à qui il a pu être attribué — réellement ou fictivement; et, toujours comme le suggère G. Camps, la forme de pluriel (medɣasen) par laquelle est connu le monument pourrait s’expliquer par les nombreux autres édifices funéraires qui l’entourent.
La forme est encore attestée de nos jours en tant qu’anthroponyme/ethnonyme et toponyme en plusieurs lieux du monde berbère, notamment au Maroc (Imedghasen, clan des Ayt Merghad ; Tadghoust, nom de lieu dans la même région, reposant sur la même racine, Cf. infra). Mais Madɣis/Madɣes n’est pas seulement un nom propre : la forme appartient aussi à la langue usuelle et repose manifestement sur une racine lexicale dɣs, avec préfixe dérivationnel verbale ou nominal m-. La forme verbale medɣes (réalisée [meḍɛes] existe dans le parler de Ghadames (Lanfry, Ghadames, II, 1972, n° 0986) avec la signification «être largement ouvert». Le préfixe m- est là, sans aucun doute, une marque classique de passif verbal. S’agissant d’un mot qui a servi d’anthroponyme (donc plutôt de statut nominal), on aura tendance à analyser comme référant à une qualification/qualité («celui qui...»).
Or il est à relever que cette racine dɣs est notamment présente dans un lexème pan-berbère (kabyle, touareg, chleuh...) et à fortes connotations symboliques : adɣes, « colostrum, lait des premiers jours (femme ou animal», premier lait des animaux qui, dans la société traditionnelle, faisait l’objet d'offrande au voisinage. On peut alors se demander si le nom propre Madɣis ne réfère pas aux notions de «prémices», «ouverture (d’un rite) », Madɣis étant alors « celui qui ouvre (le rite) », « l’augure »...
La racine dɣs renvoie aussi à une autre signification : « cacher », en touareg méridional (où elle alterne avec lɣs) et en nefoussi ancien (Boussotrot 1900: asedɣes, «secret»). Madɣis pourrait alors être un thème de participe passif (maCCiC, «celui qui est caché»... Mais d’une part cette seconde signification est bien moins largement attestée dans l’ensemble du monde berbère, et d’autre part le touareg Ahaggar présente nettement lɣs (elɣes), «être caché, tapi, se tapir», sans trace d’alternance [d/l], ce qui incite plutôt à considérer dɣs/lɣs «cacher» comme une toute autre racine dont la forme de base est LƔS et non DƔS.
D’autre part, la présence de cette racine dans l’onomastique berbère contemporaine, ethnonymie et toponymie, conforte (et est compatible avec) l’idée d’un signifié très large, du type «être largement ouvert», qui potentiellement peut référer à la fois à la sphère symbolique et à la sphère physique (géographique).
BIBLIOGRAPHIE
BOUSSOUTROT, « Vocabulaire berbère ancien (dialecte du Djebel Nefousa) », Revue Tunisienne, 1900.
DALLET J.-M., Dictionnaire kabyle-français, Paris, SELAF/Peeters, 1982 [p. 149].
DESTAING E., Vocabulaire français-berbère, Paris, Leroux, 1938, [p. 70].
FOUCAULD Ch. (de), Dictionnaire touareg français (dialecte de l’Ahaggar), Paris, Imprimerie nationale, 1951, [t. I, p. 244].
LANFRY J., Ghadames II, Glossaire, Alger, le Fichier Périodique, 1972.
NAÏT-ZERRAD K., Dictionnaire des racines berbères, II, Paris/Louvain, Peeters, 1999 [p. 364-365].
PRASSE K.-G. et alii., Dictionnaire touareg-français, Copenhague, Muséum Tusculunum Press, 2003 [p. 93]
S. CHAKER
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NOTES :
1. C'est à Ernest Carette que revient l'honneur d'être le premier auteur à rapprocher le nom du mausolée Medghasen de celui de l'ancêtre des Botr, Medghas. En effet, l'auteur avait formulé cette corrélation dans son ouvrage intitulé Origines et migrations des principales tribus de l'Algérie, page 29, en disant : « Il est impossible de méconnaître, dans مدغاسن (medghasen, ndlr) le pluriel berbère d'un adjectif formé de مادغس (madghes, ndlr). Ce monument était consacré aux descendants de Mâdr'es.
À part la tradition vague que nous venons de rapporter, les indigènes, Arabes ou Berbères, ignorent complètement la signification de ce mot.
Au reste, personne n'avait encore signalé cette corrélation remarquable entre un monument très curieux par lui-même et les annales du peuple africain. »
Ensuite, plusieurs historiens, et même les pseudo-historiens, se sont inspirés de cette trouvaille de l'origine du nom Medghasen. Les imposteurs, c'est pour l'usurper et se l'approprier. Quant aux vrais historiens, évidemment, c'est pour mieux la développer ou l'utiliser comme base pour leur analyse. C'est le cas, entre autres, des historiens/archéologues Stéphane Gsell et Gabriel Camps.
M. Gsell la cite, à la page 68 de son livre Les monuments antiques de l'Algérie, t. I, 1901, comme ceci : « On a ingénieusement rapproché ce nom de Madghasen, donné au tombeau depuis des siècles, de celui de Madghès, qui fut, selon des généalogistes africains, l'ancêtre d'une des deux souches principales des Berbères... ». Il y ajoute, sous forme d'une note explicative : « La descendance de Madghès passait pour avoir peuplé l'Aurès, massif de montagnes voisin du Médracen. Aujourd'hui encore, la tribu qui occupe la région du Médracen s'appelle Harakta Madghès. »
Quant à Gabriel Camps, auquel M. Chaker faisait référence, il en parle ainsi : « Le nom de Madghous est la forme arabisée de Madghès, nom de l'une des deux lignées berbères suivant Ibn Khaldoun. Les Botr auraient en effet pour ancêtre, d'après cet auteur, Madghès el-Abtar. Le Medracen serait donc le tombeau de cet ancêtre éponyme et de ses descendants : medracen étant la forme plurielle de madghès. Cette explication de Carette fut d'autant plus facilement acceptée que suivant Ibn Khaldoun la lignée des Botr ou de Madghès occupait l'Aurès. »
Cet extrait provient aussi de l'Encyclopédie berbère, de la rubrique « M83a. Medracen » que je vais poster le mois prochain. D'emblée, je dois dire que la rubrique en question est une version condensée d'une étude très détaillée de 48 pages, c'est la plus complète que j'ai lue à jour sur Medghasen. De plus, elle se trouve déjà sur le Web, donc vous pouvez la lire ou la télécharger à partir de « Cette URL : persee(point)fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1973_num_117_3_12921 » .
2a. Medghasen l'anthroponyme - L'explication proposée par M. Chaker est pertinente et surtout originale, car d'une part c'est la première fois, du moins à ma connaissance, qu'un linguiste berbérisant a eu la bonne initiative de se focaliser explicitement sur l'anthroponyme Medghasen…et non sur son toponyme
D'autre part, l'interprétation, « Medghas = celui qui ouvre les rites, les inaugure, etc. », s'harmonise parfaitement avec les coutumes de la société berbère d'antan et avec son ethnographie. Au fait, elle correspond aux personnes nommées, entre autres, Fettah dans certaines régions nord-africaines et Amesɛud ou Amerzuq en Aurès. C'est à eux que revient le privilège d'ouvrir et d'inaugurer certains événements clés de l'année, comme la saison des récoltes, celle de la transhumance ou la période des labours. Ce privilège est habituellement héréditaire, mais dans certains cas, il est acquis par désignation. Germaine Tillion parle de ces Imedghasen (selon Chaker) ou de ces inaugurateurs détenteurs de la baraka aux pages 195 à 199 de son livre : Il était une fois l'ethnographie, Éditions du Seuil, 2000.
En passant, M. Laoust (Cf. infra) cite plusieurs toponymes et constructions, portant le nom Adaghas, situés dans diverses régions du Maroc, et qui sont directement connectés au pâturage, pacage et estivage. D'après ce qui précède, on se demande bien s'il s'agit d'une simple coïncidence ou plutôt des noms de lieux mémorisant l'inauguration de la transhumance.
2b. Medghasen le toponyme - Contrairement à l'interprétation précédente de M. Chaker, les autres auteurs ont formulé des hypothèses ciblant le toponyme Medghasen au détriment de son ethnonyme. De plus, leurs tentatives étymologiques découlent majoritairement de la topographie de la région, des caractéristiques du terrain entourant le monument et de sa végétation, ainsi que de la forme du mausolée. Évidemment, les plus plausibles résultent de l'énoncé : « Medghasen est la traduction du mot arabe "El-Maâder" ».
L'une des définitions, du vocable el-maâder, se trouve à la page 12 du livre de Gautier : Sahara algérien (Cf. section : Onomastique - Hydrographie - Maader). Elle inclut : zone d'épandage; terre marécageuse, ses plantes aquatiques, ses sebkhas et ses lacs; plaine humide couverte de végétation et de pâturage, etc.
Ce sont les éléments de cette définition, pris conjointement ou distinctement, qui ont été à l'origine de plusieurs hypothèses. Je me contente de citer les deux suivantes, qui reflètent ce fait :
La première est celle du Dr. Boussaha Hocine de l'Université d'Alger: « Etymologiquement un nom d'aïeul datant de 40 siècles avant J.C. « medhghos » « medhghassen » pluriel de « tamedhghos » voulant dire vaste oued coulant, ou lac royal expliquant le site actuel de la petite ville d'EL MADHER, à proximité de l'actuel monument, entourée d'étangs, un lieu évasé inutile si ce ne sont les nombreux joncs qui y poussent. « Idouras » chez le targui avec les consonances voulant dire pour m : eau et d : oued, évasé, medres : oued, humidité. » (Réf. Merzouki Said, « Parlons patrimoine ! », Batna Info, mai 2009, page 13)
La seconde s'appuie sur la botanique : en sachant que la toponymie berbère trouve en partie ses racines dans celles des noms des végétaux, alors on a rapproché le nom medghas/ medghasen de la plante nommée amadghus chez les Touaregs et tadghest chez les Berbères du Maroc (Cf. K. Prasse, mentionné précédemment par M. Chaker, même page 93 ; ainsi qu'Ali Aminass : Dictionnaire tamazight-français, page 45)
De plus, il ne faut pas oublier le fameux travail d'Emile Laoust, sur la toponymie berbère, dans lequel on trouve, à la section « 258. idughas, pages 284 et 285, du lien : archive(point)org/details/LAOUSTToponymie », une excellente analyse du nom Imedghasen ainsi qu'une dizaine de toponymes et d'anthroponymes liés à la racine de ce vocable.
Les hypothèses de M. Laoust corroborent aussi la relation El-Maâder- Medghasen, car il nous apprend que le terme arabe el-maâder se dit en touareg: étghes. Or, on sait que l'alternance d/t est attestée, par des dizaines ou même des centaines d'exemples, dans les dialectes berbères.
En plus de ce qui précède, le mausolée Medghasen est situé aussi à proximité d'une ville et sur une plaine ayant le même nom : El-Maâder.
Par conséquent, on comprend mieux la plausibilité de la thèse « Medghasen est la traduction du mot arabe "El-Maâder" » qui était en vigueur depuis des décennies, du moins jusqu'à la publication de celle de M. Chaker.
3. Hypothèses superflues et débilités mentales : Il est inutile de s'arrêter à des jeux de mots futiles qui attestent de la stupidité et de la débilité du ed-Dejjal Abou-Djahel. Cependant, pour prévenir les lecteurs de ses aberrations, voici un EXTRAIT d'un compte rendu d'une "lecture Internet" dans laquelle il s'autoproclame historien et chercheur, mais sans aucune formation ni publication, afin qu'il puise passer ses conneries pour de l'étymologie.
Je dis bien des conneries et des débilités, et non des hypothèses étymologiques, car elles sont impossibles et incertaines : elles sont en contradiction et avec l'onomastique en général et avec la langue berbère en particulier.
Pour ce taré d'Abou Djahel, Medghas / medghasen est le synonyme de :
igma-d gher sen (il a été élevé / éduqué chez eux ; du verbe : egma /eyma) ;
amedrus/imedrasen (escalier ?) ;
mader-sen (alliance ? entre les deux)
I) La sémantique et l'onomastique préconisent de faire des analyses à partir de l'état le plus simple du vocable (sans préfixes et affixes de pluriel, de féminin, de dérivation, d'agent etc.), or Abou Djahel n'a pas seulement transgressé cette REGLE DE BASE en entamant ses divagations par une décomposition du pluriel "medghasen" au détriment de l'analyse du singulier "medghas" et de sa racine "d.gh.s" , mais de surcroît, il a intégré aux consonnes "m.d.gh.s.n" deux nouvelles, "g/y" et "r", afin d'arriver à son délire : « medghasen = igma-d gher-sen . iyma-d gher-sen », qui est une nouvelle expression et qui n'a aucun lien avec le vocable original "medghas / medghasen".
Même la consonne "s" de "medgha "est devenu celle d'un autre vocable, de "sen /eux"
Ça ne m'étonne pas du tout de ce charlatan, car on dirait que même quand il prie il modifie les Versets du Co-ran. !!!!!
Ici, c'est la modification de medghas/medghasen en : igma-d-gher-sen
Après les faux hadiths, c'est le temps des nouveaux Versets du C-oran.
Bref, ce n'est plus de l'étymologie mais ce sont des délires et jeux de charades : à votre tour de choisir deux nouvelles consonnes ( fd, kt, bc,sl, mn, etc. ) et de les combiner à celles de "medghasen ", ainsi vous allez construire une base de donnée de milliers de vocables et expressions.
Il ne vous reste qu'à opter pour le terme/expression qui vous convient et vous le présentez comme l'étymologie de Medghasen
Voilà, vous -aussi vous êtes devenez un " Chercheur en berbère " à la Abou-Djahel.
Dommage que la bêtise ne tue pas, autrement elle ferait de lui une vraie charogne!!!
II) Confusion de la langue berbère et d'autres langues où les consonnes "r" et "gh" sont uvulaires, c'est à dire dans lesquelles elles se prononcent de la même façon, à l'exemple du "r" parisien qui devient "gh".
Pourtant, l'imposteur, "le présumé chercheur en langue berbère", devrait savoir que les consonnes en question appartiennent à des catégories distinctes en langue berbère, l'une est dentale tandis que l'autre est uvulaire ; par conséquent, elles ne peuvent pas se substituer.
Néanmoins, le Ed-Dejjal Abou-Djahel confirme et signe que " medghas " est synonyme de "medras", en prononciation et en substance (consonnes de la racine du mot).
Idem pour medghasen = medrasen ; medghus = medrus ; et pourquoi pas amazigh = amzir ; arghis = arris ; amezdagh = amezdar; isghi = isri, taddart = taddaght,..et des milliers d'autres vocables berbères.
Si c'est le cas, ya Abou Djahel, ça sera le chaos linguistique!!!
Heureusement, le "GH" n'est pas le "R" en berbère!!!
III) La question qui s'impose et se pose d'elle-même est la suivante : qu'est-il arrivé au mot à expliquer "MEDGHAS" et à sa racine " D.GH.S" ? y a-t-il quelqu'un de sensé qui peut la discerner dans les trois explications proposées par ce @!#$ ?
Qu'il soit de l'étymologie à l'instar des exemples précédents, ou
qu'il soit de l'histoire à l'exemple des hilaliens, du "berbère" Alexandre le grand ou de confusion des faits historiques et fables religieuses, ou
qu'il soit de l'archéologie à la manière de la duperie des pièces de monnaie Kahina- Constantin
Tout ce qui provient de cet @!#$ n'est que conneries et sottises.
C'est dommage que ses bêtises (des milliers ou plutôt sans limite) n'aient pas été dites devant une assistance composée d'historiens, d'archéologues ou de linguistiques, car ils quitteront tous la salle en moins de 5 minutes.
Mais comme l'assistance de l'imposteur, du borgne au royaume des aveugles, est composée de complices, "malvoyants" et des simples d'esprits qui confondent ses aberrations et faits fiables (même la découverte bidon de la kahina-Constantin est devenue "véridique" sans aucun QUESTIONNEMENT), alors il peut continuer à mendier et à parasiter les subventions allouées aux événements culturels berbères.
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