Auteur: Aures
Date: 2014-03-27 21:19:07
Les travaux du berbérisant Edmond Destaing III
Cette troisième partie des travaux de M. E. Destaing est consacrée essentiellement à la région et au dialecte amazigh des Beni-Snous. Elle forme une monographie complète de cette tribu berbère : une monographie linguistique, ethnographique et folklorique.
I- ÉTUDES "LINGUISTIQUES"
Les publications fondamentales de M. Destaing sur les Beni-Snous sont évidemment ses 3 volumes (grammaire, textes et dictionnaire) qui se sont échelonnés sur 7 ans , de 1907 à 1914. Les voici :
1- E. Destaing, Étude sur le dialecte berbère des Beni-Snous, V.1, Paris, 1907.
l'url: mediafire(point)com/?1zw8hj7iy9lkgzr
2- E. Destaing, Études sur le dialecte berbere des Beni-Snous, V2, Paris, 1911.
l'url: mediafire(point)com/?nqtrouq7i6vub87
3- E. Destaing, Dictionnaire français-berbère, (Dialecte des Beni-Snous), Paris, 1914.
l'url: mediafire(point)com/?wk4t09s97g8kqgc
Le premier volume est vu comme un livre de grammaire, mais en fait il est composé de 3 parties distinctes.
Il débute par une esquisse de la région occupée par les Beni-Snous, dans laquelle l’auteur traite en détail les questions relatives à la géographie physique de la région ainsi que tous les renseignements reliés à cette tribu, à ses moeurs, à son habitat, à ses occupations et à son histoire (33 pages).
Il est suivi ensuite par une étude systématique du parler berbère des Beni-Snous : sa phonétique et sa morphologie. C’est cette section de grammaire qui prédomine ce volume par plus de 200 pages.
La dernière partie comprend 41 textes berbères avec leur traduction et des notes explicatives d'ordre linguistique : 7 textes sont des contes d'animaux; 8 textes sont des légendes "historiques "; le reste des textes est d’ordre ethnographique décrivant en détail la vie sociale des Beni-Snous (les rites de naissance, de la circoncision, du mariage et de l’enterrement; les jeux et les serments, la teinture et la poterie, l’hygiène, les vêtements, la nourriture, l’agriculture, etc.)
Le second volume est un recueil de textes regroupant un ensemble de 60 manifestations culturelles (contes, légendes, croyances, etc.). À vrai dire, c’est la suite des textes du premier volume. Donc, ce livre ne s’adresse pas uniquement aux mythologues et aux folkloristes, mais aussi aux linguistiques et aux ethnographes.
On y trouve entre autres des contes d’animaux, des légendes étiologiques ou explicatives, des détails sur les confréries religieuses, sur des rites divers, sur les savants et les gouverneurs de la région, etc. Évidemment, tous les textes berbères sont accompagnés de traduction et des notes.
Enfin, ce sont les textes de ces deux volumes qui ont abouti au dictionnaire en question.
Lectures complémentaires aux œuvres précédentes :
4- E. Destaing, « Quelques particularités du dialecte berbère des Beni-Snous », Actes du 14e Congrès International des Orientalistes, 1905, pp. 93-99. (C’est une étude comparative de ce parler amazigh avec ceux de diverses régions de la Tamazgha)
url: mediafire(point)com/?zjwu69pdjn1qklc
5- E. Destaing, « Le fils et la fille du roi », Recueil de Mémoires publié en l'honneur du 14e Congrès des Orientalistes, 1905, pp.179-195. (C’est un autre conte en dialecte des Beni-Snous. Contrairement aux textes berbères des volumes précédents, le récit de ce conte est transcrit en caractères arabes, toutefois il est accompagné, lui aussi, d’une traduction et des notes)
url: mediafire(point)com/?glo0a0qlp5sx24x
6- Nehlil, « Dialectes berbères de la frontière Algéro-Marocaine », extrait de : Enquête sur la dispersion de la langue berbère en Algérie, 1913, pp. 43-46 & pp. 86-90. (C’est un exposé de philologie des dialectes berbères de la frontière algérienne, notamment ceux des Beni-Snous, des Ksours, de Ouadja, des Beni-Bou-Saïd, des Beni Iznasen, etc.)
url: mediafire(point)com/?7mnxo9lzgoe16sz
7- E. Destaing, « Note sur la conjugaison des verbes de forme C1eC2 », Mémoires de la Société de Linguistique de Paris, V.21, 1919, pp. 139-148 (étude sur diverses régions de la Tamazgha)
url: mediafire(point)com/?cosnu3p69zmpxh5
8- E. Destaing, « Note sur le pronom démonstratif en berbère », Mémoires de la Société de Linguistique de Paris, V.23, 1921, pp. 186-200 (idem)
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II- ÉTUDES ETHNOGRAPHIQUES
Les autres travaux du berbérisant Edmond Destaing, pour le message d’aujourd’hui, sont ses 3 mémoires ethnographiques suivants :
9- E. Destaing, « L'Ennayer chez les Beni-Snous », Revue africaine, V.49, 1905, pp. 51-70.
url: mediafire(point)com/?lkfqx05besbutkf
10- E. Destaing, « Fêtes et coutumes saisonnières chez les Beni-Snous », Revue africaine, V.50, 1906, pp. 244-260 & pp. 362-385.
url: mediafire(point)com/?shdkjiw1qbirxlu
11- E. Destaing, « Interdictions de vocabulaire en berbère », Mélanges René Basset, V.2, 1925, pp. 177-277.
url: mediafire(point)com/?cr889pbx42v38tt
Le mémoire, de M. Destaing, sur l'Ennayer est une description très détaillée. C'est la plus complète que j’ai pu lire à présent sur cette fête amazighe, du moins sur son aspect agraire. Le texte berbère est inévitablement accompagné d’une traduction et des notes d’ordre linguistique et ethnographique.
D’une part, les remarques de l’auteur comparent les divers aspects de cette fête avec les autres régions de la Tamazgha. D’autre part, la comparaison se fait, et très souvent, avec la fête de Yennir/Nirouz des coptes et des musulmans d’Égypte, qui la célèbrent à la même date. (la juxtaposition, notamment, entre l’Ayred - la mascarade d’Ennayer chez les Beni Snous- et la même scène du carnaval en Égypte démontre bien les racines communes et l’origine lointaine de ces célébrations, que certains remontent au culte berbèro-egyptien de la naissance du @!#$ Horus ou Asiwan des amazighs : 3000 av. J.-C )
Le deuxième mémoire s’intègre aussi dans les fêtes agricoles berbères, donc il complète bien le précédent. On y trouve une description détaillé des trois fêtes suivantes : celle de la fin de l’hiver «la période el-Houssoum, fin février début mars»; celle de en-Nissan qui commence la fin de mars, et enfin la fête du solstice d’été (el-Âansara).
À l’instar de son exposé sur l’Ennayer, l’auteur accompagne cette étude par une traduction et des notes comparatives qui réfèrent le lecteur à d’autres monographies ethnographiques comme celles de Doutté ou de Westermarck, à des manuscrits et textes arabes décrivant ces mêmes fêtes chez les coptes et les musulmans d’Égypte, à d’autres textes berbères et à d’autres régions de la Tamazgha.
Enfin, ce mémoire comprend aussi une bonne bibliographie dont la plupart des titres sont des manuscrits arabes très utiles à des études comparatives, à l’origine de ces fêtes, etc.
Le dernier exposé de M. Destaing est une étude, de 100 pages, sur les vocables tabous dans certaines régions de la Tamazgha. En d’autres mots, c’est ce qu’on appelle couramment "le parler périphrastique " ou " le style euphémique"; quant au texte berbère de cette étude, il le désigne par : « la différence entre le langage des savants et celui des bergers ». Ce travail est présentée comme suit : Introduction (12 pages); Texte berbère en tachelhit et sa Traduction ( 52 pages), Notes (37pages). Ces dernières se réfèrent à toute la Tamazgha.
En passant, signalons aussi qu’une étude semblable, sur le dialecte arabe algérien, a été faite en 1906 par William Marçais.
Lectures connexes (Fête de Yennar, calendriers berbères, fêtes agricoles, etc.)
12- N. van den Boogert, « The Names of the Months in Medieval Berber », Articles de linguistique berbère, Mémorial Werner Vycichl, 2002, pp. 137-152.
url: mediafire(point)com/?uaugku0jydjpaxd
13- J. Drouin, « Calendriers berbères », Études berbères et chamito-sémitiques, Mélanges offerts à Karl G. Prasse, 2000, pp. 113-128.
url: mediafire(point)com/?td3kq7tru0kko53
14- « Calendriers agraires berbères ». Ce document contient les trois articles de l’Encyclopédie berbère, à savoir : « Calendrier », « Calendrier agraire de l'Ahaggar » et « Calendrier agraire de Ouargla (Mzab) », EB, V.11, 1992, pp. 1713-1719, dont les auteurs sont: E.B, M. Gast et J. Delheure respectivement.
url: mediafire(point)com/?vbxd7ehlnfa113b
15- H. Menouillard, « L’Année agricole, Tunisie », Revue tunisienne, V.17-18, 1910-11, pp. 3-6 & 428-433.
url: mediafire(point)com/?t73szbykevhpfwr
16- T. Riviere, « Coutumes agricoles de l'Aurès », Études et documents berbères, V. 3, 1987, pp.124-136. (En plus du calendrier berbère, on y trouve un bon résumé de la fête de Yennar. J'avais déjà commenté sommairement cet article, néanmoins j'aimerais ressortir le lien entre les dictons agraires mentionnés dans cet article et ceux de la deuxième partie de l'étude précédente "L'année agricole en Tunisie". L'auteur les qualifie de «Guide parfait du cultivateur». C'est dommage que ces dictons soient en arabe et non en berbère.)
url: mediafire(point)com/?c1xqn4qayaa2asl
17- Genevois, « Le Rituel agraire, Kabylie », Fichier périodique, V. 127, 1975 (entre autres, une très bonne description de la fête de Yennayer ainsi que celle du solstice d’été. L’auteur fait souvent allusion aux 2 mémoires précédents de M. Destaing : Ennayer + les fêtes saisonnières)
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18- A. Joly, « Un calendrier agricole marocain », Archives marocaines, V.3, 1905, pp.301-319 (C’est la traduction du manuscrit "er-Ra3diya". Il est très détaillé, car le manuscrit ne commente pas seulement les fêtes ou les mois de l'année, mais CHAQUE jour du calendrier julien )
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19- Y. Plantade, « Yennayer en Afrique du Nord - Histoire d'un mot », tamazgha(point)fr, 9 pages. (Une étude très documentée qui retrace la fête de Yennayer chez les auteurs latins, St. Augustin, auteurs andalous, etc.)
url: mediafire(point)com/?ibm9jh2sih50n8n
Bonne lecture.
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