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Interview du Webmestre sur France3
 Re: AURES in ENCYCLOPEDIE BERBERE I
Auteur: Awrès 
Date:   2007-03-10 15:32:36


AURES in ENCYCLOPEDIE BERBERE (suite)

L'Aurès sous l'administration française

La conquête

La pénétration dans le sud-constantinois a été relativement tardive en raison du maintien au pouvoir du bey Ahmed et des rapports délicats qu'il entretint pendant quelques années avec les généraux français.
Ahmed aurait été favorable à un arrangement qui l'aurait soumis à une sorte de protectorat; mais les négociations traînèrent, échouèrent et ce fut la guerre.
Après une première expédition qui tourna à la catastrophe en 1836, Constantine fut prise à l'issue d'un siège sanglant; mais le bey ne renonça pas pour autant à la lutte. Il ne se soumettra que onze années plus tard et pendant tout ce temps, il passera du Hodna à la frontière tunisienne et du Tell au Sahara, essayant de soulever des tribus qui lui avaient juré fidélité peu de temps auparavant.

Connaissant parfaitement ses populations, il se tournera d'abord vers ceux qui étaient les plus à même de s'opposer à l'armée française, ces grandes confédérations Harakta, Nemencha, Hanencha; cette dernière à elle seule étant en mesure de mettre en ligne 2 500 cavaliers et 6 000 fantassins; mais celles-ci se trouvaient soumises à une pression de plus en plus forte des troupes envoyées contre elles et Ahmed s'enfuit au Sahara où il fut encore plus déçu. Il écrit dans ses Mémoires qu'il se trouva « exposé à des machinations en vue de le livrer ».

Il reprit donc le chemin du Tell où il fut accueilli chez les Ouled Soltane, tribu montagnarde chaouïa des monts du Belezma sans liens avec les gens de l'Aurès car leur genre de vie les oriente à l'opposé, vers le Hodna. Là, Ahmed put réorganiser la résistance pendant le séjour d'un an et demi qu'il y fit et engager son dernier combat.

Dès lors, l'ancien bey abandonné de tous, vaincu, âgé, épuisé, ne va plus chercher qu'à échapper aux troupes qui sont à sa poursuite.
A cette époque (mai 1845) une colonne française - il s'agit de la colonne Bedeau - fut dirigé sur les gens de l'oued Abdi. « Quand elle fut sur le point d'arriver chez eux, écrit-il, le général envoya pour les inviter à se soumettre mais ils refusèrent énergiquement et dépêchèrent vers moi pour que je vinsse à leur secours. En conséquence je rassemblais tous ceux qui suivaient ma triste fortune et je passais chez eux. A mon arrivée je vis que rien n'avait été préparé pour soutenir la lutte. Je restais avec eux, poursuit Ahmed, jusqu'au jour où le combat eut lieu... Ils lâchèrent pied et s'enfuirent de toutes part. Je rentrais à Menah (Menaa)»; mais, les troupes françaises s'approchant il ne lui était pas possible d'y rester. On dut l'orienter vers une autre zaouïa où il serait pour un temps à l'abri, celle de Sidi Masmoudi dans l'Ahmar Khaddou dont il connaissait certainement l'influence et la richesse.

L'histoire rapporte que l'ex-bey passa deux années dans ce massif dans une région où une petite tribu transhumante, les Ouled Abderahmane Kebech, plantent leurs tentes en été. L'environnement de roches calcinées est particulièrement austère. Là se dressent encore les ruines de la guelaa de Kebech où Ahmed se serait réfugié. Ce lieu offrait assurément l'avantage de contenir des provisions pour plusieurs mois sinon davantage; ceci dit, ces greniers faits de plusieurs étages sont absolument inhabitables. Les cellules dont ils sont composés, étroites et basses ne permettent pas à un homme de se tenir debout et il n'est pas possible d'y entretenir un foyer. Il n'est pas imaginable qu'un homme, même réduit à la dernière extrémité, ait pu y vivre.

Peut-être Ahmed dressa-t-il sa tente qui pouvait être confortable à proximité? Une telle situation ne pouvait se prolonger. Du sud comme du nord, la menace se faisant de plus en plus précise, le bey Ahmed préféra se rendre. «Les officiers français, nous dit-il dans ses Mémoires, lui firent un accueil des plus honorables ».

La conquête du massif se préparant, un officier de l'Etat-major de Constantine, le capitaine Fornier, avait rédigé à l'usage des troupes qui allaient entrer en campagne une «Notice sur l’Aurès» datée du 8 janvier 1845. Cet «aperçu succinct», comme il le qualifie lui-même, est le premier document que nous possédions.
Il décrit successivement «les principales vallées, les montagnes, les routes et leurs difficultés, le caractère excessivement boisé du pays et l'abondance de l'eau en toutes saisons en quantité suffisante pour les besoins d'une troupe et des animaux qui la suivent, ses populations, ses tribus et leur force militaire : au total 4 390 familles, 1210 cavaliers, 7 370 fantassins.»

Seules parmi les tribus de montagne, les Ouled Daoud et les Beni Oudjana disposent alors d'un nombre conséquent de cavaliers, En revanche les gens de la vallée de l'oued Abdi en paraissent complètement dépourvus.

Suivent quelques renseignements sur les gens : «A cause de leurs positions et des difficultés excessives qu'on trouve dans leurs territoires, les deux tribus des Ouled Daoud et des Ouled Abdi ont contracté des habitudes d'indépendance et sont réputées pour être très habiles à tirer partie des difficultés du sol pour s'y défendre. Elles passent pour être les plus guerrières de l'« Aurès ». Réputation fondée pour les Ouled Daoud, peu justifiée pour les Ouled Abdi qui en feront les frais. Pénétrant dans leur vallée le général Bedeau, connu pourtant pour ses sentiments humanitaires, fera brûler le village de Haïdous, résidence d'un marabout influent, sur la foi d'informations probablement tendancieuses. Il en fut de même plus tard des villages de Narah, situés dans une position très forte au-dessus de la vallée, lors d'une expédition à laquelle participa le capitaine Bocher qui nous en a laissé la relation en même temps que ses impressions personnelles sur les habitants du village de Menaa, le plus considérable de cette vallée et sur leur mode de vie. Le récit de Bocher commence par un rappel des idées convenues « population barbare, pays que les Romains n'avaient fait que cerner dans une ceinture de postes fortifiés dont on trouve encore la place, marquée par des ruine et dont les Turcs ne vinrent jamais à bout ».

Quant à Menaa (écrit Menah) « situé dans les contrées fertiles pittoresques occupées par de grandes tribus « kabyles » qui habitent de gros villages entourés de jardins où se cultivent tous les produits méridionaux », c'est au regard de Bocher « une sorte de Capoue ».

Bocher ajoute une observation qui montre qu'il a assez convenablement vu les choses : « Dans un pays où les moeurs sont si faciles, où le mariage s'accomplit avec formes si expéditives, l'adultère n'a point d'excuse ni de pardon; le mari a le droit de tuer quiconque dans sa maison, outrage son honneur».
Un incident de ce genre survenu à un parent de la famille maraboutique des Ben Abbès, présenté comme une agression contre un agent du pouvoir, aurait été à l'origine d'une affaire laquelle auraient été impliquée les gens de Nara et à la suite de laquelle les mesures les plus extrêmes furent prises contre eux.

Le journal de marche de la colonne du général de Saint-Arnaud présente un intérêt différent. Sa campagne fut la dernière menée au titre de la conquête et elle ne rencontra aucune résistance.
Elle fut doublée d'une expédition scientifique dirigée par le colonel Carbuccia, adjoint au général. Il nous est parvenue une «Description des ruines situées sur la route suivie par la colonne » depuis les Nemencha jusqu'à la basse vallée de l'oued El Abiod en passant par les gorges de Tighanimine. Penchés sur le sol à la recherche de vestiges antiques, les quelques spécialistes groupés autour du colonel Carbuccia, passant à peu de distance des greniers fortifiés échelonnés tout du long de la haute vallée des Touaba (Ouled Daoud), les prirent pour les villages perchés de cette tribu nomade.

En résumé, la soumission de l'Aurès s'obtint presque sans combat et presque sans pertes du côté français, exception faite du combat de Mchnounech; elle fut en revanche très éprouvante pour l'ensemble des montagnards, en raison essentiellement du passage d'une dizaine de colonnes, soit une vingtaine de milliers d'hommes qui n'hésitèrent pas, pour l'exemple, à brûler plusieurs guelaa avec tout ce qu'elles contenaient.

J. MORIZOT

Source: Encyclopédie berbère, pp.1123-1125


à suivre.....

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 AURES in ENCYCLOPEDIE BERBERE I  nouveau
Awrès 2007-03-05 20:36:26 
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Awrès 2007-03-17 14:01:08 
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Awrès 2007-04-20 15:35:27 
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Awrès 2007-06-11 20:17:07 
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messara dahbia 2008-05-18 23:39:56 
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spartacus 2008-10-18 23:24:44 
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hocine 2010-09-06 16:33:38 

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