Auteur: Aurasius
Date: 2007-07-12 15:28:11
L'insurrection de l'Aurès en 1879: Des réponses aux appels de Med Amezian.
Nous avons vu lors du message précédent que malgré les lettres et les émissaires envoyés aux autres tribus chaouis, le leader de l'insurrection auressienne de 1879, Med Amezian ben Abderahman, n'a pas pu convaincre TOUS les chaouis à s’engager la lutte contre la France coloniale.
Pour être plus précis, disons il n'y a pas eu de mouvement de masse. Les appels de Med Amezian ne se sont pas traduits par des milliers de soldats joignant son armée chawie , son armée auresienne. Cependant ils n'étaient PAS VAINS NON PLUS, car ils se sont traduits par des réponses individuelles provenant, presque, de toutes les tribus chawies.
J’ai déjà produit la traduction d’une de ses lettres, quant à ses émissaires on peut évoquer celui qui fut arrêté dans la région de Ain el Beida par le caïd Ali ben Laarbi Benbouzid.
Enfin, en ce qui concerne les réactions individuelles et personnelles on peut citer ce paragraphe de Luciani (1). Il nous relate l'histoire d'un guerrier chawi, de la même région, répondant à l'appel de Med Amezian :
« Avant que ces nouvelles fussent connues partout ( les nouvelles de la bataille de Rbaa, ndlr), on arrêta un jour dans le douar des Ouled-Sellem, au nord d'Aïn-Yagout, un cavalier étranger au pays, richement vêtu, monté sur un fort bon cheval, et armé d'un grand sabre à fourreau guilloché….
Interrogé sur le but de son voyage, il répondit d'une voix douce, sans forfanterie comme sans embarras qu'il allait où @!#$ l'appelait. Il était naïvement parti pour la guerre sainte ( voir la lettre de Med Amezian et son appel à la guerre sainte, ndlr)….
Quand on lui apprit que tout est fini, et qu'on lui rendit sa liberté, il regagna tranquillement sa tribu, où il attendit peut-être une NOUVELLE OCCASION pour mourir en guerrier… »
On constate bien la déception de ce riche guerrier chawi, pour lui c'était un RENDEZ-VOUS MANQUÉ : il n’a pas pu joindre ses frères des Aurès pour mourir en guerrier. Mais ce n'était pas du tout le cas pour ses descendants ou pour sa tribu, car l'histoire nous apprend que c'était tout simplement un RENDEZ-VOUS REPORTÉ pour le 1er NOVEMBRE 1954…et c’était là pour eux et pour tous les chawis et les algériens la nouvelle occasion pour mourir en guerrier!
(1) LUCIANI D : « Un souvenir de l'insurrection de 1879 », Rev. af., 66, 1925, pl., p. 190-196
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