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Interview du Webmestre sur France3
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES
Auteur: Aras 
Date:   2007-04-10 15:47:49

Le message d’aujourd’hui n’est pas la suite de l’article de Naziha Hamouda, mais une information supplémentaire sur l’épisode badisienne et son influence dans cette région de la Tamazgha : l’Aures.
C’est un texte complémentaire au paragraphe du Mouvement réformiste badisien de N. Hamouda. Donc, comme rappel, voici quelques points pertinents de cette période de l’histoire des Aurès :

I) La fondation du Mouvement des Oulémas en Aurès :
La première section de l’Association des Oulémas algérien en Aurès a été créée, en août 1936, à Haidous, dans la vallée de l’Oued Abdi.
Les fondateurs étaient quatre jeunes auresiens qui ont étudié à la mosquée de Sidi- Lakhdar, à Constantine, sous la direction du Cheik Ben Badis. La section portait le nom de « Chaaba ed- Dourousiya », Comité de l’enseignement.
M. Derdouri Amor, l’un de ces quatre anciens étudiants de Ben-Badis, a été désigné comme président
Les trois autres, de O. Abdi, de Ghoufi et de tiberemacine(?), formaient, en plus du président, le Comité directeur.

II) Le programme et les actions de la Section des Oulémas réformistes de l’Aurès :

1)Action culturelle : La section était très active. En quelques mois seulement elle a pu crée des clubs (nawadi) et des écoles dans la plupart des villages aurèsiens;
des nawadis pour la prêche, et des écoles pour la formation des adultes et des enfants selon les principes de la doctrine réformiste.
Voici les nawadis et les écoles de la Section des Aurès en Ighzer n Abdi, Ighzer Azeggwagh et en Ighzer Amellal :
- à Haidous, résidence du chef du mouvement, « Nadi ech- Chaab »;
- à Oum Er-kha, le « Nadi el Irchad »;
- à Tagoust, le « Nadi el Islah »;
- à Menaa, le « Nadi et-Taqedoum »;
- à Guerza, le « Nadi el Ittihad »;
- à Arris, le « Nadi el Irchad »;
- à Tifelfel, le « Nadi Tifelfel »;
- à Haidous, l’ « Association culturelle musulmane de l’Oued Abdi », disposait d’une école.
- à Oum Er-kha , l’ « Association culturelle musulmane du douar Bouzina, ex Oued l’Ahmar », disposait d’une école.
- À Ghoufi, l’ « Association culturelle musulmane du douar Ghassira », disposait d’une école.
- à Inoughissen, l’ « Association culturelle musulmane du douar Zellatou », disposait d’une école.


2) Action religieuse : le programme réformiste de la Section des Aurès ne se limitait pas à l’éducation seulement, mais il incluait aussi la lutte contre les hérésie, les fausses croyances et la pratique non conformes à l’orthodoxe sunnite.
Son action sur le terrain était la dénonciation et l’interdiction, par des moyens persuasifs ou par l’intrusion et la force, de plusieurs manifestations qualifiées de païennes, comme :
- Les fêtes avec la ghayta et azriat, femmes libres (ce que Naziha Hamouda signale dans son article).
- La célébration du printemps et de l’automne
- Le carnaval d’achoura (comme je l’avais dit au message précédent, avant l’implication du Mouvement réformiste, les mascarades les plus célèbres en Algérie étaient celles des Aurès et de Ouargala. D’après mes lectures la dernière célébration grandiose de ce carnaval en Ighzer n Abdi, s’est déroulée à Menaa en 1940. Et contrairement aux autres régions c’était le « lion de achoura » qui est le centre d’attraction de la fête et non le « chaib d’achoura »)
- Les zerdas et visites aux tombeaux de soi-disant saints.
- Le sacrifice d’animaux en divers points de la montagne ou de soi-disant lieux sacrés.
- Le pèlerinage au Dj. Bous ( adrar n waDaf) : J’avais mentionné la dernière fois que ce pèlerinage était considéré comme le point de rencontre annuel des auresiens provenant de divers vallées( ighzer amellal, ighzer n abdi, ighzer azeggwagh, ighzer n ah fedhala, etc.). J-L Ballais le décrit comme suit « un cycle estival…représentant un principe et une pratique d’échange et de circulation de biens, d’hommes, de sainteté, au bénéfice de tous, sous la garantie des clercs, à une époque et en des lieux d’insécurité totale ». C’est aussi la même garantie qui a permis aux femmes de s’éloigner du foyer paternel ou conjugal, durant une semaine, afin de participer à ce pèlerinage (Cf. le paragraphe de Mme Hamouda consacré a ce pèlerinage). Mais pour la Section des Oulamas réformistes en Aures, cette manifestation économique et culturelle n’était pas conforme à l’Islam sunnite, elle est plutôt semblable à une survivance païenne, et elle devrait être interdite. C’est ainsi qu’on cite ( Voir référence) l’intervention du président de la Section, M. Derdoudi en personne, et ses membres armés de gourdin pour disperser les pèlerins, empêcher les hoDra et pour traiter les prophètes participants de mouchrikin ( polythéistes), etc.
- Autres : tatouage, nechra, culte des arbres, etc.


C’est à cette partie du programme qu’on attribue la disparition de plusieurs coutumes ancestrales auresiennes. Néanmoins d’autres survivent encore, probablement avec moins d’ampleur que celles d’antan. (Eg. La fête du printemps en Ighzrer n Abdi, la fête d’automne à Tkout, Yennar, les fêtes avec la ghyta, etc.)


3) Action politique : si l’action religieuse des réformistes était considérée par CERTAINS auresiens comme néfaste, culturellement parlant; l’action politique a été plutôt applaudi par les aurèsiens d’hier et ceux d’aujourd’hui.
En effet, par le biais de ses nawadis, le Mouvement réformiste a su étaler les conditions misérables des habitants de l’Aures tout en mettant en contraste ses exploiteurs immédiats : les caïds et les représentants de la France coloniale.
Le Mouvement n’avait jamais manqué d’occasion pour souligner les INJUSTICES commises par ces derniers et/ou sur les DROITS qu’il convient de réclamer à France coloniale.
En outre le Mouvement n’avait jamais cessé d’insister sur le progrès accompli vers l’INDÉPENDANCE dans les autres pays musulmans et sur le nationalisme algérien.

Ces trois mots « Injustice, Doit et Indépendance », étaient, avant les réformistes, des mots TABOUS. Ensuite Ils ont commencé à raisonner et ouvertement et publiquement dans tous les villages aurasiens.

Bref, par son action politique le Mouvement a pu faire ressusciter ou faire naître dans les cœur des auresiens d’hier: l’entité nationale algérienne.
L’action du Mouvement en Aures combiné à celle des autres Cercle à travers l’Algérie
(+ celles du PPA et du Congrès Musulman) sont des facteurs qui ont contribués directement ou indirectement à la préparation des mentalités pour le grand jour du 1er novembre 1954 et par ricochet à l’indépendance en 1962!

 Sujet Auteur  Date
 LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-03-07 19:22:32 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-03-10 15:30:34 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
F. Chenni 2007-06-19 00:30:51 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-03-11 15:30:41 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-03-16 14:28:35 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-03-30 18:35:52 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-04-10 15:47:49 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2008-02-23 19:27:00 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-04-26 16:01:18 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-06-01 15:08:51 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
Aras 2007-06-29 19:44:34 
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Aures 2009-07-18 17:36:14 
 Re: LA PRODUCTION POETIQUE EN AURES  nouveau
hamid chaira 2015-03-24 11:47:26 

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