Auteur: Aras
Date: 2007-03-10 15:30:34
LES FEMMES RURALES DE L’AURES
ET LA PRODUCTION POETIQUE (suite)
Par: Naziha HAMOUDA
In: Peuples Méditerranéens, No. 22-23, Janv-Juin 1983, pp.267-279
C'est donc au prix de grandes difficultés que l’islam fut introduit au VIIIe siècle (selon Ibn Khaldoun et Ibn Yazid), amenant avec lui un nouveau type d’organisation sociale. Néanmoins la coutume locale continuera à être respecter et on particulier les femmes continueront à être maîtresses de leurs actes et à jouir d'une très grande liberté de mouvement.
La dot, condition de validité du mariage musulman, est inexistante dans le mariage aurésien. La mariée (ou sa famille) ne prend ni ne donne à cette occasion aucun bien matériel. Le divorce est fréquent car les femmes en prennent facilement l'initiative :
Il est courant qu'une femme divorce une dizaine de fois en ayant provoqué la rupture.
Grand nombre de femmes se marient en hiver pour divorcer au printemps.
Le jour où une femme décide de rompre les liens conjugaux elle prévient sa famille en lui demandant de lui envoyer de quoi s'habiliter en ces termes : « J’ai ôté son dernier vêtement. » C’est le signe de la rupture.
Dans l’Aurès la juridiction est un mélange de droit coutumier et de droit musulman appliqué par la Djemaa, la Mahkema, elle diffère d'une tribu à une autre, d'un versant à un autre. Cette diversité résulte des différences géographiques et historiques existant entre les régions.
Ainsi, quand les habitants de l'Aurès occidental désignent le Charq (l'Est), ils désignent an même temps une région géographique et une zone culturellement spécifique dont les comportements de ses habitants sont jugés souvent trop moralistes. Inversement, les gens de l’Aurès oriental jugent que ceux de l’Ouest ont des moeurs trop libertines.
Les femmes de l'Aurès occidental jouissent donc d'une assez grande liberté. Elles se rencontrent au café du village pour boire le xanjilan (boisson à base d’herbes) tout on filant la laine. Certaines exercent même le métier de chauffeur de taxi tout en fumant le meqsous au airas (tabac non filtré).
Toutefois, il est certain qu'elles ne doivent pas cette liberté de mouvement à une, quelconque reconnaissance de leur rôle pendant la guerre de libération (à laquelle, beaucoup do femmes ont très activement participé), ni à l’octroi de quelque droit que ce soit par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1'indépendance. Elles les doivent plutôt à leur héritage culturel.
Dans la zone occidentale du massif, les petites filles apprennent le chant et la danse dès ......
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