Auteur: Awaris
Date: 2007-04-21 16:54:00
Autres études sur les Nememcha (suite)
Nous savons tous que les noms des trois grandes confédérations d’« origines » chawis ont fait leurs apparitions, pour la première fois, au XVIIe siècle.
Ces trois noms sont les : Hanencha, Nememcha et Haracta.
Ils ont été mentionnés, pour la première fois, dans l’histoire dite « El Mounis » de l’époque du Chabbia, soit à l’époque de la fondation (?) de ces trois confédérations.
Certes, quelques tribus de ces confédérations ont été citées avant l’ère des Chabbia, par Ibn Khaldoun. C’est le cas de la tribu « Alaouna » qui d'ailleurs a été présentée par ce grand historien comme purement Arabe et non comme une tribu Berbere-arbisée.
Doit-on conclure que les fractions berbérophones, les composantes de cette tribu au 19e siècle, ont lui été intégrée lors de la création de cette confédération, ou doit-on au contraire remettre en question les écrits d'Ibn Khaldoun?
Dans son livre Histoire de l’Afrique septentrionale, l’historien Ernest Mercier pense plutôt que les fractions qui se disent arabes sont des Berbères arabisés et mêlés, plus ou moins, à des fractions hilaliennes.
D’après lui c’est sur «ces éléments» que s’appliquerait la description suivante d’Ibn Khaldoun :
« ... Ils y vivent en nomades et sont comptés au nombre des Arabes pasteurs de la tribu de Soleïrn, auxquels, du reste, ils se sont assimilés par le langage et l’habillement, de même que par de même que par l'habitude de vivre sous la tente. Comme eux, aussi, ils se servent de chevaux pour montures, ils élèvent des chameaux, ils se livrent a la guerre et ils font régulièrement la station du Tel dans l'été et celle du désert dans I'hiver. Ils ont oublié leur dialecte berbère pour apprendre la langue plus élégante des Arabes et a peine comprennent-ils une parole de leur ancien langage. »
Voici le commentaire de Ernest Mercier:
"Cette transformation remarquable, si bien caractérisé par Ibn-Khaldoun, a donné aux peuplades habitant les plaines et les vallées dans la Tunisie et le Maghreb central, la physionomie qu'elles ont maintenant.
Les tribus arabes pures se sont maintenues dans la Tripolitaine et sur la ligne des hauts plateaux et du désert, où elles nous sont représentées maintenant par les Mekhadma, 0. Naïl, Sahari, Akkerma, Hameyane, et beaucoup d'autres.
Quant à celles qui ont pénétré dans le Tel, elles se sont fondues au milieu des populations aborigènes, mais, en outre de leurs noms qui sont restés comme des témoins, elles ont arabisé leurs voisines par le contact. Celles-ci ont pris alors d'autres noms et c'est sous ces vocables que nous les trouvons de nos jours.
Citons notamment dans la province de Constantine les Nemamcha, Henanecha, Harakta, trois tribus formées des Houara et qui dominent sur les plateaux entre Tebessa, Constantine et Badja.
C'est d'elles que parle ci-dessus Ibn-Khaldoun."
La même constatation a été faite par L. Feraud, in Recueil de Constantine 1869, soit 20 ans avant la publication du livre de E. Mercier.
(à suivre)
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