Auteur: Aures
Date: 2008-03-07 16:54:07
Hommage du poète écrivain M. Messaoud Nedjahi au Dr. Naziha Hamouda
Sur le site de l’'album Iwal, voir le lien ci-dessous, on peut lire:
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« Radio Aurès, avec à sa tête Madame Fatima Yahia Bey - Nedjahi et Monsieur Messaoud Nedjahi ont tenu à rendre hommage à cette femme irremplaçable que fut Naziha Hamouda (Iwal pour les Chawis) »
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Au fait, notre grand penseur M. Messaoud Nedjahi ne lui a pas rendu hommage uniquement par ses chansons mais AUSSI par ses écrits.
En effet, plusieurs chapitres de ses oeuvres sont consacrés entièrement ou partiellement à yellis n Si lhouas : Naziha Hamouda (er-rehmet n Rebbi fellasen - nettat d war n Babas)
À titre d'exemple, citons les chapitres suivants :
-"Iwal ou La Femme qui racontait des histoires" in "Aurès insolite", pp.11-40
Tout le chapitre lui a été dédié
- Un autre chapitre est intitulé, et en son honneur, "Le rêve d'Iwal" in "Jugurtha l'héritier du coquelicot", pp.687-111
- "Le jour d'avant" in "Tamenraset sous la neige", pp.23-62
Dans ce chapitre on peut lire des passages relatifs à son accident de voiture en 1989. Voici un extrait:
[ ...« Je vais demander conseil auprès d'Iwal. Elle qui est un espoir, une femme, saura mieux me conseiller. Iwal ! L'esthétique du verbe. Elle se trouverait, paraît-il à Timsunin, son fief. »
Il rejoignit Iwal qui le reçut dans ses bras. Toujours souriante en son habit noir de simplicité. Elle lui offrit, après l'avoir écouté, de l'accompagner. Elle était curieuse de voir, de connaître et pourquoi pas d'aimer cette sœur sauvage. Elle voulait voir de ses yeux la Liberté. ....... ….Morts ( elle & le journaliste, ndlr) dans un accident de voiture diront ceux qui informent.....]
- "Zerfa" in "Autopsie d'une identité", pp.139-151
Une citation de ce chapitre :
[...Iwal faisait une enquête sur les femmes libres des Aurès et l'anthropologue une recherche sur la distribution des eaux irrigant les jardins. Puis elle aborda le sujet de ces femmes courageuses défiant les éléments pour ramasser un bout de bois pour l'hiver trop rude, descendre à la rivière remplir leurs outres pesantes. La maîtresse de la beauté lui tint un étrange discours tout en poésie chantée...]
Ce passage sur les recherches de Naziha Hamouda est bien reflété dans un des vers de la chanson « Iwal » écrite et interprétée par M. Messaoud Nedjahi
Vous pouvez écouter, au même site, les DEUX versins de cette chanson : Celle de Nedjahi+ celle qui est interprétée par notre grande diva auresienne Dihya.
Un grand merci à notre anazur M. Messsaoud Nedjahi et à notre diva Dihya.
Certes, le destin (l'accident), n'avait pas permis à la défunte de mener à termes tous ses travaux de recherches, néanmoins elle nous a légué, du moins à ma connaissance, TROIS publications:
1- "Les femmes rurales de l'Aurès et la production poétique" in « Peuples Méditerranéens", 1893, pp 267-279. (Vous pouvez lire une partie de cette étude sur ce forum, le titre du message est le même que celui de l’article)
2- " Maquisardes militantes de l'Aurès" in « The maghreb review », 1987, pp.141-144. Cet article sera posté prochainement, mais en attendant voilà un avant-goût - les premières phrases de l’article: [La Guerre de Libération Nationale chez les Chaouia du massif Aurésien est un souvenir qui n'a pas cessé d'appartenir au quotidien. Leur expérience semble forte et douloureuse c'est comme si elle datait d'hier. Au cours d'une enquête socio-économique sur l'Aurès est souligné …..]
3- Quant au 3e article : "Two portraits of Auresian Women" il est publié in « Anthropiology and photography, 1992, pp.206-210. La publication remit en question l'approche des ethnologues précoloniales en prenant comme exemple les photos et les commentaires de Hilton Simpson relatifs aux deux danseuses de Thizi el Abed.
Puisque l'article sera posté sous peu alors voici une citation:
[…It would be a mistake to attribute to Hilton Simpson an ethnographic approach different from that held by his contemporaries, who were deeply influenced by the French conception of the Maghreb. This conception, most notably when transmitted in Western media through novel, screen and popular ephemera such as postcards (Alloula 1987), conformed to the internal logic and dynamics of French policy. Its role was to encourage acceptance and to change real conflicts into symbolic representations, usable and assimilable by the people, in order to justify its sociopolitical project.
If Hilton Simpson was not necessarily bound by specific colonial policy, as were some French ethnographers and administrators, the tone of his writing and choice of subject reveal the influence of such ideological institutions, seeing the peoples of the Aures as exotic, primitive and distanced….]
Bref, il s’agit d’un article publié, après sa mort, à partir de ses notes de brouillon, d’où cette remarque de l'éditeur:
“ Nazilia Hamouda died tragically in a motor accident in December 1989, leaving only an early draft of her essay for this volume. So that her work reaches some sort of fruition, this draft has been reworked, drawing on correspondence and conversations with the Editor, Dr Nanneke Redclift and Roslyn Poignant.
While it has not been possible to reconstruct the depth of analysis and scholarship which would have truly done justice to Dr Hamouda's ideas, we hope we have not misrepresented her.”
Souhaitons que d'autres éditeurs et chercheurs suivent l'exemple de ce dernier afin d'achever les travaux de la défunte Dr. Naziha Hamouda tout en continuant à les publier.
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