Auteur: Aures
Date: 2011-09-20 15:29:03
Ighzer n Taqqa - Botanique
L'étude suivante, sur la flore de l’Ighzer n Taqqa, est tirée de l’article de E. Cosson : Voyage botanique en Algérie- région montagneuse des Aurès.
J’avais mentionné ce travail lors d’un message antérieur, voici un rappel :
- C’est la toute première exploration botanique des Aures, elle a été effectuée en 1853.
- Les régions herborisées sont les vallées de l’Ighzer n Abdi (cette section de l’étude est déjà en ligne), l’Ighzer Amellal et enfin la région d’Ighzer n Taqqa.
- Plusieurs auteurs ont tenté de compléter les travaux de M. Cosson, à savoir Trabut, Masqueray, Rebost, Mercier, Reboud, etc. Leurs articles seront tous mis en ligne, dans un message distinct.
- Jusqu’à présent, l’exploration botanique des Aurès est demeurée restreinte aux zones avoisinant les routes principales et les bords des rivières ; donc plusieurs vastes régions restent inexplorées et inconnues des botanistes.
- Enfin, souhaitons que des universités du pays organiseront des expéditions régulières afin d’explorer la beauté et l’abondance des plantes des régions montagneuses des Aurès. En attendant, voici un échantillon provenant de l’Ighzer n Taqqa
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1- Description:
Au sortir du col de Teniat-Touchent, nous entrons dans la plaine d'Yabous où nous retrouvons un grand nombre d'espèces de la région des hauts-plateaux.— Le Djebel Amrous, qui borne la plaine au sud, est couvert de bois, dans lesquels dominent les Fraxinus dimorpha, Pistacia Atlantica et Juniperus Oxycedrus.—Un ravin argileux, assez profond et à berges très accidentées, nous présente les mêmes arbres et de nombreux buissons de Calycotome spinosa; l’Othonna cheirifolia, y est d'une extrême abondance; ce ravin nous conduit à un autre étage de la plaine; cette nouvelle plaine est jonchée de ruines romaines, et nous n'y voyons d'autres cultures que quelques champs d'Orge brûlés par le soleil; l'aspect général du pays nous rappelle les solitudes des hauts-plateaux de la province d'Oran. Un grand nombre de plantes vivaces n'ont pas encore fleuri (13 juin); mais la plupart des plantes annuelles ont déjà disparu. — Le sol, au voisinage de l'un des principaux affluents de l'Oued Taga, devient plus fertile; de nombreux douars sont établis sur ce point, où l'on nous dresse notre tente auprès de ruines romaines qui couvrent un large espace; les endroits frais présentent des pâturages et d'assez belles moissons. Un ravin profondément encaissé , et creusé par un cours d'eau qui se jette dans l'Oued Taga, nous offre, dans les rochers de ses berges escarpées, de nombreux pieds de Pistacia Atlantica et de Fraxinus dimorpha , et des touffes de Jasminum fruticans; sur les alluvions déposées par les eaux, nous retrouvons le Brassica dimorpha que nous avons déjà recueilli sur les montagnes de Em-Medinah, et nous observons les espèces suivantes : Pulicaria Arabica, Velezia rigida, Ruta montana, Phelipœa Schultzii, Polycarpon Bivonœ, Cerastium Atlanticum, Sinapis pubescens, Othonna cheirifolia, Medicago secundiflora, etc. — Un colombier naturel s'est établi dans des cavités de la partie la plus escarpée du ravin, et de nombreuses volées de pigeons viennent y chercher un refuge.
En nous dirigeant vers le cours principal de l'Oued Taga, continuation de l'Oued Firez, nous observons dans des ravins argilo-schisteux de nombreuses touffes de Retama sphœrocarpa, Anthylis Numidica et Centaurea Parlatoris; là nous retrouvons aussi en abondance le Brassica dimorpha, dont les alluvions de l'affluent de l'Oued Taga ne nous avaient offert que quelques individus. — Plus loin, des coteaux argileux, à croupes arrondies et creusées de nombreuses ravines, sont parsemés de touffes de Lygeum Spartum , Deverra scoparia, Asphodelus ramosus et Atractylis cœspitosa, entre lesquelles croissent les espèces suivantes : Erysimum strictum var. micranthum, Gypsophila compressa , Ruta montana, Hedysarum pallidum , Sedum altissimum , Eryngium dichotomum , Crucianella patula , Santolina squarrosa, Androsace maxima, Wangenheimia Lima, etc. Au pied de ces coteaux, dans les terres en friche de champs récemment cultivés, nous voyons réunies la plupart des espèces, qui, dans la région des hauts-plateaux, sont propres aux terrains remués.
Aux environs de l'Oued Taga, de maigres moissons couvrent la plus grande partie du sol, et de toutes parts les indigènes sont occupés à la récolte (13 juin). — Après avoir traversé le lit de l'Oued Taga, nous nous hâtons d'arriver à Timegad.
2- Liste des plantes observées aux environs de l’’Ighzer n Taqqa + Conclusion ......(à suivre)
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