Auteur: Aures
Date: 2010-02-05 17:12:12
La flore de Menaa
C'est M. Cosson qui, en 1853, fut le premier BOTANISTE à explorer la flore aurèsienne. Il effectua ses recherches dans diverses régions, spécialement en Ighzer n Abdi, à Chelia, Batna, Belezma, etc.
À ma connaissance, c'est son travail qui demeure, à ce jour, l’unique référence pour la flore de la région. (Note : Il existe une brochure, de 26 pages, publiée par la Société botanique de France et intitulée : Liste des plantes observées aux environs de Biskra et dans l'Aurès. Cependant l’aire géographique explorée dans cette liste est très limitée)
De toute façon ce thème de la "flore auresienne" sera développé sous peu, dans un message distinct, mais pour aujourd’hui voici la section concernant Menaa :
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1- Description:
La ville de Ménaa , située à environ 900 mètres d'altitude, est construite sur une colline, dans une vallée assez large, vers le confluent de l'Oued Bouzina et de l'Oued Abdi, dont les eaux en arrosent les cultures et les jardins. Ce centre de population est le plus important de ceux que nous ayons visités dans notre voyage de l'Aurès. On y retrouve encore quelques ruines romaines. Une mosquée est construite dans la partie inférieure du village, près de la maison du caïd. Une vaste salle, qui avait servi de refuge au bey de Constantine après la prise de cette ville par les Français, nous est assignée pour notre campement ; mais des légions de puces nous forcent bientôt à déloger, et à installer notre tente sur la terrasse même de la maison.
L'étendue de la vallée, l'abondance des eaux, ont permis à l'industrie des habitants de créer d'importantes cultures et des jardins où le Dattier, qui ne mûrit plus qu'imparfaitement ses fruits, n'apparaît que çà et là comme une réminiscence des oasis que nous venons de quitter. Les jardins et les vergers, groupés sous forme d'oasis, s'étendent jusqu'à l'entrée du ravin creusé parles eaux abondantes et douces de l'Oued Bouzina. De même qu'à Branis et à Djemora, des saguia sont creusées à une grande hauteur sur les parois abruptes des rochers qui encaissent le ravin.
La partie de la vallée, qui n'est pas occupée par les jardins et les vergers, présente des champs entourés de murs en pierres sèches, où sont semés le Blé et l'Orge. A l'époque de notre passage (4 juin), les indigènes étaient tous occupés de la moisson qui commençait. Le Blé était récolté avec la paille entière, au lieu d'être coupé seulement au-dessous de l'épi comme dans la plaine saharienne d'El-Outaïa. Dans le même champ se trouvaient souvent réunies les variétés barbues du Blé dur et du Blé tendre, avec quelques-unes des variétés de nos Blés d'Europe qui y étaient beaucoup moins abondantes.
Dans les vergers se retrouvent l'Abricotier, le Figuier, le Grenadier et la Vigne; le Noyer y est plus rare.
Parmi les cultures des jardins, nous devons noter les Fèves, la Garance qui y est cultivée avec assez d'intelligence, et la Tomate qui n'y est plantée que plus rarement. La présence du Cynara Cardunculus dénote partout la profondeur du sol. Le Laurier-Rose et une forme à larges feuilles du Salix pedicellata croissent eu abondance aux bords des eaux.
2- Liste des plantes observées aux environs de Ménaa ....(à suivre)
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