Auteur: Aures
Date: 2007-04-30 16:47:45
HABITAT TRADITIONNEL DANS LES AURÈS (suite)
Le cas de la Vallée de l'Oued Abdi (Ighzer n Abdi)
Par : SAMIA ADJALI
In : Annuaire de l’Afrique du Nord Tome XXV, 1986, pp.271-280
Editions du CNRS
III-La maison sur le site
La maison aurassienne, intégrant la topographie du site, est implantée perpendiculairement aux courbes de niveaux. Les irrégularités du terrain, les bancs rocheux sont harmonieusement utilisés comme soubassement.
Les matériaux locaux et la topographie du terrain créent alors une continuité de formes, de teintes et une uniformité d'aspect qui renforcent l’intégration de ces constructions vernaculaires au site.
Les terrassements préalables pour aplanir le site sont inexistants: c'est l'intégration aux pentes qui constitue le dénivelé des maisons. Parfois, dans certaines dechra, l'un des murs est constitué par une paroi rocheuse, c'est un héritage d'habitat troglodytique souvent présent dans la région.
Les seuils, les limites, les espaces intermédiaires
L'ensemble du cadre bâti d'une dechra a un seuil commun, l'entrée de la dechra: porte d’entrée ouverte dans un rempart (ex. de Menaa) ou simple placette où aboutit la piste (cas le plus répandu), limite qui détermine la rupture du groupe avec les autres populations de la vallée.
Cette forme d'isolement définit le groupe de chaque dechra comme ensemble intime. Les maisons n'ont alors pas recours aux systèmes significatifs de filtres et de hiérarchisation de l'espace, du public vers le privé. Cette hiérarchisation se réduit dans notre habitat à une structuration du semi public vers le privé. Architecturalement, cela s'exprime par des portes d'entrée souvent ouvertes et des espaces intermédiaires à valeur médiatrice plus que sélectrice.
L'accès d'une habitation est soumis à trois marques de transition entre le groupe et la famille: la porte, le seuil , la skiffa (Tasquift).
1- El Bab (la porte)
« Aucune maison n'avait besoin de portes
Puisque les visages s'ouvraient dans les visages
Et les voisine épars, simplement voisinaient
La nuit n'existait pas puisque l'on y dormait » (Anna Greki)
Un dédoublement d’accès à la maison existe. Les animaux pénètrent par une petite porte basse, de matériau et de qualité moindres que la porte réservée aux hommes. Elle se limite souvent à un assemblage de bois peu travaillé. Le seuil de cette porte est inférieur, étant situé sur la partie la plus en contre-pente.
L'homme entre dans la maison par une porte faite en bois de cèdre, finement travaillée et rehaussée par des amulettes protectrices. Cet élément étonne souvent par ses dimensions: soit un petit percement qui oblige à se courber, soit, à l’opposé, une immense porte de deux mètres sur deux mètres dix, à grands battants. Signe de rang social ou d’évolution ? En fait la combinaison des deux: les petits percements donnent souvent sur un seul espace, polyvalent formant l'ensemble de la maison, c'est le noyau de base qui représente le point de départ dans l'évolution à travers le temps de la maison chaoui. Actuellement, cette forme d'habitat s'accorde souvent à des occupants aux revenus très modestes. Les différentes manifestations dans l’évolution de l'habitat passent par un agrandissement des portes pour plus de confort et de lumière.
2- El atab (le seuil): ...
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