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Interview du Webmestre sur France3
 La fête d’Achoura en Aurès
Auteur: Aoures 
Date:   2007-03-17 14:10:04

La fête d’Achoura en Aurès

La cérémonie de l’Achoura est la plus importante fête religieuse chiite. Elle est un peu moins pour les sunnites, en particulier pour les musulmans de la Tamazgha. En outre, ces derniers l’ont imprégnée par des gestes et faits trouvant leurs origines dans les anciennes croyances.

Pour décrire le déroulement de cette fête en Aures, j’ai modifié légèrement le texte descriptif de Danièle Jemma-Gouzon afin de mieux l’ajuster à l’ensemble des villages aurasiens, au lieu d’un village en particulier. Car, globalement parlant, ce sont les mêmes coutumes.

Bonne lecture
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PACE DOMESTIQUE ET CYCLE RELIGIEUX

Dans chacune des régions où il s'est imposé, l'islam a subi un processus analogue à toutes les grandes religions et a dû composer avec des pratiques et des croyances antérieures à sa venue. De ces pratiques millénaires intégrées, récupérées et réinterprétées par elle, la religion, partout, tire une vitalité nouvelle, une force dynamique mais spécifique et un impact aptes à susciter l'adhésion de fidèles qui, sans rompre totalement avec leur mode d'être ancestral, deviennent membres d'une communauté universelle qui transcende les limites de leur horizon.
« ... la religion... est essentiellement une fleur rudérale. Elle ne pousse et ne se transforme que sur des décombres et sur des vestiges culturels dont elle tire la sève qu'elle réutilise par la suite selon ses propres normes »(1)
Sur les quatre fêtes de l'année musulmane - l'Achoura, l'Aïd el Kebir, l'Aïd Sghir et le Mouloud - deux revêtent, pour … tous les aurasiens une importance particulière et sont célébrées avec une ferveur plus marquée. Il s'agit de l'Achoura et de l'Aïd el Kebir.

L'Achoura

L'Achoura inaugure l'année musulmane et lunaire, c'est-à-dire, avec le cycle religieux. Pour l'islam, cette fête commémore l'anniversaire de la bataille de Kerbala et la mort de Sidna el Hossein, fils de Sidna Ali et petit-fils du Prophète.

Mais, en tant que première fête de l'année lunaire musulmane, l’Achoura a récupéré de nombreux rites populaires qui marquaient l'inauguration de l'année solaire et agraire. Aussi, par bien des aspects, les pratiques par lesquelles on célèbre l'Achoura ne diffèrent guère - dans leur intention symbolique comme dans leur gestuelle - de celles qui fêtent les grands moments du cycle agraire.

-Faits et gestes :

Au matin de l'Achoura, les femmes et les enfants se rendent à un endroit aquatique (selon les villages : un oued, une source, un lac, etc.) afin de s'y baigner ou, moins de procéder à quelques ablutions. Car, dit-on, l'eau de l’Achoura est sacrée et purificatrice, réputée venir, ce jour-là, de Bir Zemzem(2)

Puis les femmes emplissent d'eau leur outre, ramassent dans le lit de l’oued sept petits cailloux et cueillent des rameaux de laurier-rose, alili

De retour à la maison, chacune offre au seuil une libation d'eau sacrée de l'Achoura, et fixe au linteau une branche de laurier-rose à côté de celle de l'année précédente et après avoir ôté la branche qu'elle y avait accroché deux ans auparavant et qui sera utilisée en fumigations, contre la fièvre.
Puis, pénétrant plus avant dans l'espace domestique, elle asperge toutes les pièces et plus particulièrement celles abritant les réserves, l'âtre et le cheptel. Au-dessus de chaque seuil, elle accroche un rameau de alili à côté de celui de l'année précédente. Ainsi le linteau de chaque porte est-il décoré de deux branches de laurier.

Puis, la maîtresse de maison va déposer les sept cailloux ramenés de l'oued dans les différentes jarres en poterie contenant le beurre, le miel et l'huile, dans celles en alfa enfermant les céréales et les légumes secs ainsi que dans les couffins emplis de fruits et de dattes.

Dans la matinée de l'Achoura, alors que les femmes se rendent à l’oued pour y accomplir les rites fixés par la tradition, les hommes se réunis sur un endroit spacieux, en pleine air, en occurrence sur l’aire à battre, pour procéder au sacrifice collectif et au partage de la viande entre toutes les familles du village.

Après quoi, tous les hommes se rassemblent dans la mosquée du village pour la prière du milieu du jour.

L'avènement de l'année lunaire et religieuse est célébré, par ailleurs, par un repas copieux autour duquel toute la famille se réunit. Il est composé de crêpes épaisses trempées dans du beurre et du miel (talalit) et de céréales cuites à la vapeur et arrosées d'une sauce dans laquelle on a fait cuire la viande fraîche du sacrifice collectif ainsi que les côtes et la mâchoire du mouton de l'Aïd el Kebir précédent.


(1)Boughali (M.) : "La représentation de l’espace chez le marocain illettré, mythe et tradition orale", p.72

(2) Puits sacré de La Mecque.

Source :
JEMMA-GOUZON Danièle : "Villages de l’Aurès, Archives de pierres", L’Harmattan, 1989, pp.159-160

 Sujet Auteur  Date
 La fête d’Achoura en Aurès  nouveau
Aoures 2007-03-17 14:10:04 
 Re: La fête d’Achoura en Aurès  nouveau
Aoures 2007-04-03 15:11:40 
 Re: La fête d’Achoura en Aurès  nouveau
AIT YOUSSEF 2008-09-15 16:04:13 

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